lundi 23 février 2015
mercredi 4 février 2015
SUNNITES ET CHIITES SE DETRUISENT
Sunnisme et chiisme
dans le Moyen Orient d'aujourd'hui
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Religion la plus répandue après le christianisme, l'islam compte aujourd'hui 1,3 milliard de croyants. Cette religion se compose de plusieurs courants. Les deux principaux sont le sunnisme (80% des fidèles) et le chiisme (15%). La répartition entre ces deux courants apparaît clairement sur un carte du Moyen-Orient. La majorité des pays arabes est sunnite tandis que les chiites sont majoritaires en Iran, en Irak ainsi qu'au Yémen (cf tableau sous la carte).
Mais au fait, qu'est-ce qui différencie le chiisme du sunnisme ?
LES PAYS A MAJORITE SUNNITE
» Egypte
- Musulmans sunnites : 90 %
- Chrétiens coptes : 6%
» Arabie Saoudite
- Musulmans sunnites : 97%
- Musulmans chiites : 2,5%
» Jordanie
- Musulmans : 95% (majorité sunnites)
- Chrétiens (tous rites) : 5%
» Soudan
- Musulmans sunnites : 70%
- Croyances locales : 20%
- Chrétiens : 5%
- Autres : 5%
» Syrie
- Musulmans sunnites : 75%
- Musulmans alaouites : 11%
- Chrétiens (tous rites) : 10%
- Druzes : 4 %
» Emirats arabes unis
- Musulmans sunnites : 87%
- Musulmans chiites : 13%
» Koweit
- Musulmans sunnites : 79%
- Musulmans chiites : 21%
- Chrétiens, Hindous, Parsi et autres : 15%
» Qatar
- Musulmans sunnites : 95%
- Musulmans chiites : 10%
» Afghanistan :
Musulmans sunnites : 84 %
Musulmans chiites : 15 %
LES PAYS A FORTE PROPORTION CHIITE
» Iran
- Musulmans chiites : 80 % (Chiisme religion d'Etat)
» Liban
- Musulmans sunnites : 22%
- Musulmans chiites : 25%
- Druzes : 8%
- Chrétiens (tous rites) : 41%
» Irak
- Musulmans chiites : 51%
- Musulmans sunnites : 46%
- Chrétiens (divers rites) : 3%
» Yémen
- Musulmans sunnites : 55%
- Musulmans chiites (zaydites) : 45%
» Bahrein
- Musulmans chiites : plus de 50%
- Musulmans sunnites : 31 %
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Deux courants pour une même religion
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A l'origine
La mosquée de Damas Photo © Arnaud Morillon
La scission du chiisme et du sunnisme remonte aux premiers temps de l'islam. Après la mort du prophète Mahomet (632 après J.C.), les premiers musulmans s'affrontent pour savoir qui prendra désormais la tête du "peuple des croyants". Les uns voudraient qu'Ali, gendre et cousin du Prophète prenne le califat (c'est-à-dire la "succession"). D'autres, en majorité, lui préfèrent un calife n'appartenant pas à la famille de Mahomet : pour eux, il doit être un simple membre de la communauté des croyants. Ils obtiennent gain de cause et c'est finalement Abou Bakr qui est désigné premier imam (guide spirituel et temporel de la communauté).
En 657, Uthman, 3e calife ayant pris la succession de Mahomet, est assassiné par un partisan d'Ali. Ali se voit ainsi ouvrir les voies du pouvoir et devient calife. Mais très rapidement son autorité est remise en cause : une partie du clan des Omeyyades (lié au défunt calife Uthman) et d'anciens compagnons de Mahomet, proches de la veuve du Prophète Aïcha, réclament sa déchéance.
Ce conflit de succession va engendrer une scission fondamentale au sein de l'Islam : d'une part, les chiites reconnaissent Ali comme premier successeur de Mahomet. Avec ses deux fils, Hassan et Hussein, qui lui succèdent, commence pour les chiites la lignée des imams. De l'autre, les sunnites majoritaires ne voient en Ali que le quatrième calife. Les sunnites se sont ainsi peu à peu ralliés au clan des Omeyyades. Les particularités doctrinales et les différences théologiques entre ces deux courants reposent donc sur une querelle du succession. Ces courants religieux se sont donc construits sur un socle politique.
» Les dates principales de l'Histoire de l'Islam
Aujourd'hui
» Pour les sunnites, le chef de la communauté musulmane est le calife, un homme ordinaire (et non proche de Dieu), élu par d'autres hommes dans la communauté des fidèles. Leur système religieux est moins hiérarchisé que celui des chiites.
» Depuis leur sécession, les chiites (ceux qui "prennent le parti" d'Ali) accordent beaucoup plus d'importance à leurs dirigeants religieux que les sunnites. Concrètement, les chiites considèrent que la communauté musulmane ne peut être dirigée que par les descendants de la famille de Mahomet, des imams qui tirent directement leur autorité de Dieu.
lundi 26 janvier 2015
LES NOUVELLES GUERRES DIPLOMATIQUO-SECRETES
Une action diplomatique intense a probablement décidé du sort de Kobané. Cette ville stratégique, à la frontière de la Turquie et de la Syrie, se trouvait en grande difficulté au début du mois de septembre, non seulement à cause de l’offensive des djihadistes mais aussi parce que l’armée turque bloquait les renforts kurdes. En fait, alors même que le gouvernement turc affirmait souhaiter lutter contre l’organisation État islamique, il préférait bombarder les dissidents kurdes du PKK (le parti des travailleurs kurdes). Le pays a longtemps utilisé le prétexte de 49 de ses ressortissants détenus en otage par l’EI pour refuser de rejoindre la coalition internationale. Le 19 septembre ses otages lui ont été rendus par Daesh, contre toute logique stratégique « en échange de combattants djihadistes ». Par la suite, des renforts de peshmergas ont pu parvenir jusqu’à la ville de Kobané : difficile de ne pas deviner la puissance des services secrets américains derrière cet épisode !
Devant la disproportion des forces engagées, il est légitime de se demander si les pays de la coalition internationale souhaitent réellement détruire l’EI. Peut-être que le restreindre dans une zone géographique et en faire un épouvantail accommode la plupart des protagonistes avance Peter Harling dans Le Monde Diplomatique.
« L’Iran à l’Occident : aimez-nous parce que Daesh nous menace. Les régimes arabes à leurs peuples : on ne cédera sur rien parce que Daesh nous menace. L’opposition syrienne : sauvez-nous de nous-mêmes parce que Daesh nous menace. Le Hezbollah aux Libanais : tout est permis parce que Daesh nous menace. Les États-Unis : on n’intervient pas en Syrie parce que Daesh nous menace, mais on frappe en Irak parce que... Daesh nous menace. »
dimanche 25 janvier 2015
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