lundi 26 janvier 2015

LES NOUVELLES GUERRES DIPLOMATIQUO-SECRETES

Une action diplomatique intense a probablement décidé du sort de Kobané. Cette ville stratégique, à la frontière de la Turquie et de la Syrie, se trouvait en grande difficulté au début du mois de septembre, non seulement à cause de l’offensive des djihadistes mais aussi parce que l’armée turque bloquait les renforts kurdes. En fait, alors même que le gouvernement turc affirmait souhaiter lutter contre l’organisation État islamique, il préférait bombarder les dissidents kurdes du PKK (le parti des travailleurs kurdes). Le pays a longtemps utilisé le prétexte de 49 de ses ressortissants détenus en otage par l’EI pour refuser de rejoindre la coalition internationale. Le 19 septembre ses otages lui ont été rendus par Daesh, contre toute logique stratégique « en échange de combattants djihadistes ». Par la suite, des renforts de peshmergas ont pu parvenir jusqu’à la ville de Kobané : difficile de ne pas deviner la puissance des services secrets américains derrière cet épisode ! Devant la disproportion des forces engagées, il est légitime de se demander si les pays de la coalition internationale souhaitent réellement détruire l’EI. Peut-être que le restreindre dans une zone géographique et en faire un épouvantail accommode la plupart des protagonistes avance Peter Harling dans Le Monde Diplomatique. « L’Iran à l’Occident : aimez-nous parce que Daesh nous menace. Les régimes arabes à leurs peuples : on ne cédera sur rien parce que Daesh nous menace. L’opposition syrienne : sauvez-nous de nous-mêmes parce que Daesh nous menace. Le Hezbollah aux Libanais : tout est permis parce que Daesh nous menace. Les États-Unis : on n’intervient pas en Syrie parce que Daesh nous menace, mais on frappe en Irak parce que... Daesh nous menace. »

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